
Dancehall - Martinique
Guillaume Marie-Louise, connu sous le nom de scène Le Beat, né en 1988, est un auteur-interprète, producteur et entrepreneur de la scène musicale afro-caribéenne. D'origine martiniquaise, sa famille est originaire de la commune du Marigot. Il est le fondateur de Kreyol Sat, média, agence de promotion musicale, label et plateforme dédiée aux musiques afro-caribéennes.
Le Beat grandit dans un environnement familial marqué par la musique antillaise. Sa mère écoute en permanence du zouk, du konpa et du ragga, à la radio et sur cassettes audio et dispose d'un système audio équipé d'un égaliseur et d'enceintes de qualité.
À six ans, il découvre le film The Blues Brothers (1980), qui lui fait connaître le blues et lui donne envie de pratiquer la musique. Inspiré aussi par l'admiration de sa mère pour Jacob Desvarieux, guitariste du groupe Kassav', il choisit la guitare. Il suit des cours particuliers de six à dix ans puis intègre le conservatoire de Saint-Denis pendant sa scolarité au collège. Il y étudie la guitare, le chant et le solfège dans un enseignement presque exclusivement classique. Le seul morceau proche de ses goûts qu'il y apprend est No Woman, No Cry de Bob Marley. Déjà attiré par le blues, le jazz et les musiques afro-américaines, il se reconnaît peu dans cette formation.
Vers sept ans, il découvre le ragga avec le titre « Gadé réalité a » de Daddy Pleen et Doctor Charly. Sa mère lui achète l'album qu'il écoute avec ses frères. Au début des années 2000, son frère aîné lui fait découvrir le rap américain via BET et MTV : il écoute fortement Redman, Busta Rhymes et surtout le Wu-Tang Clan.
En 2001, le titre « Chi Chi Man » de T.O.K. lui fait découvrir le dancehall. Il commence à chanter en improvisant, sans écrire ses textes, et admire notamment Elephant Man. La sortie de Saël & Friends la même année puis celle du collectif Gwada Boy'z (Admiral T, Saïk et Krys) qu'il écoute beaucoup, renforcent son intérêt pour le reggae et le dancehall.
Entre 2001 et 2003, il réalise ses premiers enregistrements sur cassette puis sur ordinateur avec le logiciel Audacity. En 2002, il écrit ses premiers textes, directement en créole. À la même période, un cousin lui fait découvrir de nombreux CD de dancehall et de one riddims venus de Jamaïque, de Martinique et de France.
À l'adolescence, la pratique de la guitare est peu valorisée dans son quartier. Il abandonne le conservatoire à 16 ans, tout en poursuivant la musique avec le soutien de ses frères.
En 2004, il achète sa première carte son et son premier microphone et installe un home studio chez sa mère, baptisé Production Club Chabine où il enregistre avec acid pro ses morceaux et ceux de ses proches. Avec Blackilla et R.O, il fonde le Sense Tune Crew, un collectif de MC orienté dancehall qui réunit à son apogée plus d'une quinzaine de membres. Le crew participe à des freestyles à La Défense, au Châtelet et à Bercy. A cette période Rott MC est l'artiste dont il se sent alors le plus proche.
Ses premiers morceaux sont publiés sur Skyblog entre 2004 et 2005, puis sur YouTube et MySpace à partir de 2006. En 2007, il sort sa première mixtape, Electricity Mixtape en collaboration avec Dj Maiki D et lance son site beat-man-style.fr.nf consacré à ses sorties et productions.

En 2009, il lance Pas Lokal 972 TV, un média consacré à la danse dancehall, qui prend fin en 2010. La même année, Production Club Chabine devient Metropole Music avec un nouveau site internet.
En 2012, il sort son premier single disponible sur les plateformes de téléchargement légale « Leggings » distribué par Zimbalam ainsi que la mixtape Lokal 9.3. Il tente aussi de développer un média consacré aux musiques afro-caribéennes appélé « Metro Sound ».


Musicien, puis auteur-interprète et producteur de ses propres projets, Le Beat voit dans l'ouverture d'un label le prolongement de son parcours : disposer de sa propre structure était son rêve depuis l'adolescence, pour se produire et produire ses proches.
En 2017, il publie l'EP Pochade, un mélange de dancehall et de pop dans la veine de Major Lazer et Busy Signal. Son ingénieur du son de l'époque, Djo (Uptown Studio), le défend auprès de maisons de disques sans aboutir à une signature. Il continue ensuite de sortir des singles jusqu'en 2020 et son projet évolue avec le temps vers la distribution d'artistes qui souhaitent travailler avec lui.

En 2020, Metropole Music devient Kreyol Sat. Le projet développe un média consacré aux musiques afro-caribéennes et des playlists par genre (dancehall, shatta, bouyon, zouk, rap créole). En 2021, il crée l'Agence Sat, volet promotionnel destiné à accompagner les artistes dans leur communication et leur visibilité.
En 2022, Kreyol Sat devient label et signe chez Upfull Music. En 2023, le label quitte Upfull Music pour signer avec Universal Music Africa. Ses premiers artistes signés sont Miazz et Bouboule bhm. Le plus gros succès du label à ce jour est « Nine milli » de Bouboule bhm, qui totalise plus de deux millions de streams.
Kreyol Sat propose également une activité de label service. Il a accompagné plus de 300 artistes, dont Sir Samuel, Meryl, 1T1, Tency, Panik-J, Elji, Marginal, 70Shiine, Kevni, Sismeak et bien d'autre. Sa communauté compte plus de 50 000 abonnés sur les réseaux sociaux, et ses playlists Spotify plus de 30 000 abonnés.
En janvier 2023, le média Hit-Lokal le classe parmi les quinze acteurs les plus influents de la musique d'Outremer pour l'année 2022.

En 2024, Kreyol Sat lance une marque et une offre de merchandising afro-caribéen sur Amazon. En 2025, il crée Kreyol Place, marketplace dédiée à ce merchandising. En 2026, il produit le NXRF Riddim, premier one riddim du label.
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© Kreyol Sat